Article · publié le 6 juillet 2026
Logements bouilloires : ce que révèle l'indicateur confort d'été de 8,1 millions de DPE
Plan gouvernemental du 17 juin 2026, étude « Quartiers chauds ! » de la Fondation pour le logement : le confort d'été des logements s'impose dans le débat public. Selon les données France DPE, 38,1 % des 8,1 millions de logements dont l'indicateur est renseigné sont mal armés face à la chaleur. Le paradoxe est réel : 30 % des logements classés A sont concernés.
Écrit par François-Xavier Tournut · Expert immobilier
Un plan gouvernemental face aux fortes chaleurs
Le 17 juin 2026, le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a présenté un plan « confort d'été » destiné à adapter les logements aux fortes chaleurs. Trois axes principaux : une TVA réduite sur les pompes à chaleur air-air, un vote facilité des travaux d'adaptation en copropriété et l'intégration du confort d'été dans les projets de rénovation. Plusieurs acteurs, dont IGNES et la Fondation pour le logement, ont toutefois jugé ces annonces insuffisantes au regard de l'ampleur du problème.
Le débat s'appuie sur un constat désormais chiffré. Dans son étude « Quartiers chauds ! » publiée en juin 2026, la Fondation pour le logement estime que près d'un logement sur deux présente un indicateur de confort d'été « insuffisant », la cause principale étant l'absence de protections solaires. L'étude rappelle aussi le bilan sanitaire de l'été 2025 : 5 700 décès liés à la chaleur et 24 000 passages aux urgences.
Le confort d'été, l'autre indicateur du DPE
Depuis 2021, le diagnostic de performance énergétique intègre un indicateur de confort d'été, noté sur trois niveaux : bon, moyen ou insuffisant. Il évalue la capacité du logement à rester frais en période de chaleur, à partir de critères comme l'inertie du bâti, la présence de protections solaires ou le caractère traversant du logement.
Point essentiel : cet indicateur est calculé indépendamment de l'étiquette énergie. Il figure sur le document DPE remis lors d'une vente ou d'une location, dans un encart dédié, distinct de la classe DPE qui résume la performance énergétique. Un logement peut donc afficher une excellente étiquette et rester inadapté aux canicules. Beaucoup de propriétaires et de locataires ignorent l'existence de cette mention, alors qu'elle figure déjà sur leur diagnostic.
Ce que montrent 8,1 millions de diagnostics
France DPE agrège quotidiennement la base ADEME Observatoire DPE-Audit, soit 15,07 millions de DPE. Le champ confort d'été y est renseigné sur 8,1 millions de diagnostics. Selon les données France DPE, la répartition nationale est la suivante :
- confort d'été « insuffisant » : 38,1 % des logements ;
- confort d'été « moyen » : 43,5 % ;
- confort d'été « bon » : 18,4 %.
Moins d'un logement diagnostiqué sur cinq est donc considéré comme bien armé face à la chaleur. Ces ordres de grandeur, calculés à l'échelle nationale, rejoignent le constat de la Fondation pour le logement. Les situations varient toutefois fortement d'un territoire à l'autre : les pages villes et départements de France DPE permettent d'explorer les données locales.
Le paradoxe des « A-bouilloires »
L'indépendance entre étiquette énergie et confort d'été produit un paradoxe bien réel. Selon les données France DPE, 30,0 % des logements classés A ont un confort d'été insuffisant. La proportion est comparable pour les B (29,8 %) et les C (28,7 %). Autrement dit, près d'un logement performant sur trois peut se transformer en bouilloire l'été.
Les logements énergivores cumulent en revanche les handicaps : le confort d'été est insuffisant pour 53,6 % des logements classés F et pour 64,0 % des G. Un logement très performant l'hiver peut donc être inadapté l'été, mais les passoires thermiques restent les plus exposées sur les deux tableaux.
Ce que le plan gouvernemental peut changer
En facilitant le vote des travaux d'adaptation en copropriété et en réduisant la TVA sur les pompes à chaleur air-air, le plan du 17 juin vise à accélérer l'équipement des logements. L'intégration du confort d'été dans les rénovations pourrait par ailleurs faire de cet indicateur un critère de décision à part entière, au même titre que l'étiquette énergie. Les critiques d'IGNES et de la Fondation pour le logement portent précisément sur l'écart entre ces mesures et l'ampleur du parc concerné.
Pour les particuliers, la première étape reste la lecture de leur propre diagnostic : l'indicateur y figure déjà. Le simulateur DPE de France DPE permet d'estimer la classe énergétique d'un logement, et l'outil inspecter mon DPE aide à vérifier le contenu d'un diagnostic existant.
Questions fréquentes
Où trouver l'indicateur de confort d'été sur mon DPE ?
Tous les DPE établis depuis 2021 comportent un encart dédié au confort d'été, avec une mention sur trois niveaux : bon, moyen ou insuffisant. Cet indicateur est distinct de l'étiquette énergie. Vous pouvez vérifier le contenu de votre diagnostic avec l'outil inspecter mon DPE.
Un logement classé A peut-il être une bouilloire ?
Oui. Le confort d'été est calculé indépendamment de la classe énergétique. Selon les données France DPE, 30,0 % des logements classés A ont un confort d'été insuffisant, une proportion proche de celle des B (29,8 %) et des C (28,7 %). Un logement très performant l'hiver peut donc être inadapté l'été.
Quels travaux améliorent le confort d'été ?
L'étude de la Fondation pour le logement identifie l'absence de protections solaires comme la cause principale d'un confort d'été insuffisant : volets, stores et occultations sont donc un premier levier. Le plan gouvernemental du 17 juin 2026 prévoit par ailleurs une TVA réduite sur les pompes à chaleur air-air et un vote facilité des travaux d'adaptation en copropriété.
Pour aller plus loin
- Classe DPELa classe DPE est une note de A à G attribuée à un logement selon sa consommation d'énergie primaire et ses émissions de gaz à effet de serre, telle que définie par l'arrêté du 31 mars 2021.
- Pompe à chaleur (PAC)Une pompe à chaleur (PAC) est un système de chauffage qui capte les calories de l'air, de l'eau ou du sol pour les restituer à l'intérieur du logement, avec un rendement de 3 à 5 fois supérieur à un radiateur électrique.
- Étiquette énergieL'étiquette énergie du DPE indique la consommation annuelle d'énergie primaire d'un logement, exprimée en kWh par m² et par an, et classée de A à G.
Sources
Chiffres France DPE : base ADEME Observatoire DPE-Audit et DVF, Licence Etalab 2.0, recalculés quotidiennement.