Article · publié le 4 juillet 2026
Logements classés G : le Sénat examine leur retour sur le marché locatif sous condition de travaux
Le projet de loi « relance et décentralisation du logement » arrive en séance publique au Sénat les 7 et 8 juillet 2026. Sa mesure la plus commentée : autoriser à nouveau la location des logements classés G si le propriétaire s'engage à rénover. Selon les données France DPE, 534 280 logements classés G sont recensés dans la base ADEME.
Écrit par Paul Arrial · Co-fondateur de France DPE · Expert investissement immobilier
Le projet de loi « relance et décentralisation du logement », présenté en Conseil des ministres le 24 juin 2026 et déposé au Sénat le 25 juin (texte n° 801), est examiné en séance publique les 7 et 8 juillet 2026. Parmi ses dispositions, une mesure concentre l'attention du secteur immobilier : la possibilité de remettre en location des logements classés G, interdits de nouveaux baux depuis le 1er janvier 2025.
Ce que prévoit le texte
Depuis le 1er janvier 2025, la loi Climat et Résilience interdit de signer un nouveau bail pour un logement classé G au DPE. Le projet de loi introduit une dérogation : un logement G resterait louable si le propriétaire s'engage à réaliser des travaux de rénovation dans un délai de 3 ans pour une maison individuelle, ou de 5 ans lorsque le logement est situé en copropriété.
Le ministre du Logement évoque environ 700 000 logements « remobilisables ». Ce chiffre est une estimation ministérielle, à ce stade non vérifiée indépendamment. Il doit donc être lu avec prudence : il dépend notamment du nombre de propriétaires effectivement prêts à s'engager sur un calendrier de travaux, et des modalités de contrôle qui seront retenues.
Qui est concerné : 534 280 logements G recensés
Selon les données France DPE, issues de la base ADEME Observatoire DPE-Audit (15,07 millions de diagnostics agrégés quotidiennement), 534 280 logements sont aujourd'hui classés G. La classe G représente 3,5 % du parc diagnostiqué, et l'ensemble des passoires thermiques (classes F et G) en concentre 9,7 %.
Le stock de logements G est très concentré géographiquement. Voici les cinq départements qui en comptent le plus :
| Département | Logements classés G |
|---|---|
| Paris (75) | 41 179 |
| Hauts-de-Seine (92) | 16 992 |
| Nord (59) | 12 367 |
| Val-de-Marne (94) | 11 093 |
| Seine-Saint-Denis (93) | 10 353 |
Paris et sa petite couronne concentrent à eux seuls une part majeure du stock national. Le détail, département par département, est consultable sur le classement des territoires et via la page des départements. Le baromètre des passoires thermiques suit par ailleurs l'évolution du stock F et G dans le temps.
Ce que le texte ne change pas
Dans sa version présentée, le projet de loi ne modifie pas le calendrier des autres interdictions : les logements classés F seront interdits de nouveaux baux au 1er janvier 2028, et les E en 2034. Pour un bailleur détenant un F, l'horizon reste donc inchangé : sans rénovation, le bien sortira du marché locatif dans moins de deux ans.
Autre point essentiel : le texte n'est pas voté. Après la séance publique au Sénat des 7 et 8 juillet, il sera transmis à l'Assemblée nationale. La mesure peut être amendée, durcie, assouplie ou supprimée au fil de la navette parlementaire. Aucune décision patrimoniale ne devrait être fondée sur un texte encore en discussion.
Trois scénarios pour les bailleurs
- Le texte est adopté en l'état : un propriétaire de logement G pourrait signer un nouveau bail en contrepartie d'un engagement de rénovation sous 3 ans (maison individuelle) ou 5 ans (copropriété). Les modalités de contrôle de cet engagement restent à préciser au fil des débats.
- Le texte est amendé : les durées, le périmètre ou les garanties exigées peuvent évoluer au Sénat comme à l'Assemblée. La mesure finale peut différer sensiblement de la version présentée le 24 juin.
- La mesure est supprimée : l'interdiction de louer un G, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, continuerait de s'appliquer sans dérogation.
Dans tous les cas, connaître précisément la classe DPE de son bien et la situation de son territoire reste le préalable à toute décision. Les débats des 7 et 8 juillet donneront une première indication sur l'orientation du Sénat, avant l'examen par l'Assemblée nationale.
Questions fréquentes
Peut-on relouer un logement classé G aujourd'hui ?
Non. L'interdiction de signer un nouveau bail pour un logement classé G, issue de la loi Climat et Résilience, s'applique depuis le 1er janvier 2025 et reste en vigueur. Le projet de loi examiné au Sénat les 7 et 8 juillet 2026 n'est pas voté : la dérogation (relocation contre engagement de rénover sous 3 ou 5 ans) ne s'appliquera que si le texte est définitivement adopté.
Que devient l'interdiction des logements F en 2028 ?
Elle n'est pas modifiée dans le texte présenté. Les logements classés F resteront interdits de nouveaux baux au 1er janvier 2028, et les logements E en 2034. Le projet de loi ne porte, à ce stade, que sur les logements classés G.
Faut-il suspendre ses travaux de rénovation en attendant le vote ?
Rien ne le justifie. Le texte peut encore évoluer ou être rejeté, et même adopté, il conditionnerait la relocation d'un G à un engagement de travaux sous 3 à 5 ans : la rénovation resterait donc nécessaire. Le calendrier des interdictions F (2028) et E (2034) est par ailleurs inchangé.
Pour aller plus loin
- Passoire thermiqueUne passoire thermique est un logement classé F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), avec une consommation supérieure à 330 kWh/m²/an d'énergie primaire.
- Loi Climat et RésilienceLa loi Climat et Résilience du 22 août 2021 instaure le calendrier d'interdiction progressive de location des passoires thermiques entre 2025 et 2034.
- Classe DPELa classe DPE est une note de A à G attribuée à un logement selon sa consommation d'énergie primaire et ses émissions de gaz à effet de serre, telle que définie par l'arrêté du 31 mars 2021.
Sources
Chiffres France DPE : base ADEME Observatoire DPE-Audit et DVF, Licence Etalab 2.0, recalculés quotidiennement.