France DPE

Article · publié le 7 août 2026

Maison ou appartement : le risque de passoire varie du simple au double

À surface et à époque comparables, une maison et un appartement n'affrontent pas la même physique thermique. Selon les données France DPE, 15,9 % des maisons diagnostiquées sont classées F ou G, contre 7,1 % des appartements. L'écart tient d'abord à la part de l'enveloppe exposée à l'extérieur.

Écrit par François-Xavier Tournut · Expert immobilier

Le type de bien est rarement présenté comme un facteur de performance énergétique. Les données de la base ADEME montrent pourtant un écart net et constant entre maisons individuelles et appartements, dans les deux sens de l'échelle.

Un écart de 8,8 points sur les mauvaises étiquettes

Selon les données France DPE, sur 4 539 108 maisons diagnostiquées, 15,9 % portent une étiquette F ou G. Sur 10 337 553 appartements, cette proportion tombe à 7,1 %. Le risque de se trouver face à une passoire thermique est donc 2,2 fois plus élevé pour une maison.

La hiérarchie s'inverse sur les bonnes étiquettes : 47,4 % des appartements sont classés A, B ou C, contre 33,7 % des maisons.

IndicateurMaisonAppartement
Logements diagnostiqués4 539 10810 337 553
Classes A, B ou C33,7 %47,4 %
Classes F ou G15,9 %7,1 %
Surface habitable moyenne108 m²57 m²

Ce que la surface déperditive explique

L'explication est géométrique avant d'être technique. La méthode 3CL-DPE calcule les déperditions à travers chaque paroi séparant le volume chauffé de l'extérieur, du sol ou d'un local non chauffé. Ce que le calcul retient n'est pas la surface habitable, mais la surface déperditive.

Une maison individuelle expose l'intégralité de son enveloppe : quatre façades, une toiture, un plancher bas. Un appartement situé en étage courant partage ses murs mitoyens, son plancher et son plafond avec des logements eux-mêmes chauffés. Ces parois ne génèrent pas de déperdition significative. À surface habitable égale, la surface d'échange avec l'extérieur peut ainsi varier du simple au triple.

La surface moyenne accentue cet effet. Une maison de 108 m² développe une enveloppe nettement plus grande qu'un appartement de 57 m², et cette enveloppe est plus difficile à traiter : la toiture et le plancher bas d'une maison représentent souvent la moitié des déperditions, deux postes qu'un appartement d'étage courant n'a tout simplement pas.

L'appartement n'est pas pour autant à l'abri

Le chiffre de 7,1 % recouvre des situations très inégales. Deux configurations concentrent le risque : le logement situé sous les combles, exposé à la toiture, et celui situé au-dessus d'un passage couvert, d'un parking ou d'un local commercial non chauffé. Dans les deux cas, l'appartement retrouve une surface déperditive proche de celle d'une maison sur le poste concerné.

S'ajoute une contrainte spécifique au collectif : les postes déterminants relèvent souvent des parties communes. L'isolation de la façade, le remplacement d'une chaudière collective ou la réfection de la toiture ne se décident pas logement par logement mais en assemblée générale. Le DPE collectif, généralisé aux copropriétés d'avant 2013 depuis le 1er janvier 2026, fournit précisément la base technique de cette discussion.

Ce que cela change avant un achat

Pour une maison, les deux postes à examiner en priorité sont la toiture et le plancher bas, qui pèsent le plus lourd dans le calcul et qui sont aussi les moins coûteux à traiter au mètre carré gagné. Une isolation de combles perdus reste l'intervention au meilleur rapport entre coût et effet sur l'étiquette.

Pour un appartement, la question utile n'est pas seulement l'étiquette du logement, mais la position dans l'immeuble et l'état de l'enveloppe collective. Un appartement classé D dans un immeuble dont la façade n'est pas isolée dispose d'une marge de progression qui ne dépend pas de son propriétaire seul. L'isolation thermique par l'extérieur relève d'une décision collective.

Méthode. Chiffres recalculés le 4 août 2026 sur les diagnostics agrégés quotidiennement depuis la base ADEME Observatoire DPE-Audit, restreints aux 14 876 661 diagnostics portant une étiquette et identifiés comme maison ou appartement. Les diagnostics établis à l'échelle d'un immeuble entier sont exclus de cette comparaison.

Questions fréquentes

Pourquoi une maison est-elle plus souvent classée F ou G qu'un appartement ?

Parce qu'elle expose la totalité de son enveloppe à l'extérieur : quatre façades, une toiture et un plancher bas. Un appartement en étage courant partage ses murs, son plancher et son plafond avec des logements chauffés, parois qui ne génèrent pas de déperdition significative dans le calcul.

Un appartement sous les combles est-il plus exposé ?

Oui. Un logement situé sous la toiture, ou au-dessus d'un local non chauffé comme un parking ou un passage couvert, retrouve une surface déperditive comparable à celle d'une maison sur le poste concerné. La position dans l'immeuble est un facteur déterminant.

Le DPE d'un appartement dépend-il du DPE collectif de l'immeuble ?

Ce sont deux documents distincts. Le DPE individuel évalue le logement, le DPE collectif évalue le bâtiment. Le second éclaire toutefois la marge de progression du premier, puisque l'isolation de la façade ou le système de chauffage collectif se décident en assemblée générale.

Pour aller plus loin

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Sources

Chiffres France DPE : base ADEME Observatoire DPE-Audit et DVF, Licence Etalab 2.0, recalculés quotidiennement.