France DPE

Article · publié le 9 août 2026

Avant 1948, une passoire sur cinq : ce que l'année de construction dit du DPE

Avant même de connaître le mode de chauffage ou l'état de l'isolation, une seule information permet déjà d'estimer la classe probable d'un logement : sa période de construction. Selon les données France DPE, 20,8 % des logements bâtis avant 1948 sont classés F ou G, contre moins de 0,1 % de ceux construits entre 2013 et 2021.

Écrit par François-Xavier Tournut · Expert immobilier

La base ADEME renseigne, pour chaque diagnostic, la période de construction du logement. Le découpage retenu n'est pas arbitraire : il épouse les paliers successifs de la réglementation thermique française. Croisée avec l'étiquette, cette donnée dessine la courbe la plus nette de tout le jeu de données.

Le premier signal reste la date de construction

Selon les données France DPE, la part de logements classés F ou G passe de 20,8 % pour le bâti antérieur à 1948 à moins de 0,1 % pour les constructions de la période 2013-2021. Sur la même échelle, la part de logements classés A, B ou C progresse de 22,5 % à 94,7 %.

Période de constructionLogementsClasses F ou GClasses A, B ou C
Avant 19483 159 82620,8 %22,5 %
1948-19743 881 94012,0 %31,2 %
1975-1977519 4875,2 %40,0 %
1978-1982666 6674,0 %41,0 %
1983-1988589 1521,6 %49,2 %
1989-20001 156 8450,8 %58,5 %
2001-2005413 3790,4 %69,5 %
2006-2012908 8310,2 %80,9 %
2013-2021804 702moins de 0,1 %94,7 %
Après 2021137 3790,2 %96,5 %

Deux périodes concentrent l'essentiel du problème. Le bâti d'avant 1948 et celui de la reconstruction, jusqu'en 1974, totalisent 7 041 766 logements diagnostiqués, soit près de la moitié du parc, et rassemblent la très grande majorité des passoires thermiques.

1974, la rupture

Le décrochage entre la période 1948-1974 et la période 1975-1977 est le plus marqué de toute la série : la part de F et G passe de 12,0 % à 5,2 %, soit une division par 2,3 en trois ans de calendrier de construction.

Cette rupture correspond à l'entrée en vigueur de la première réglementation thermique française, adoptée à la suite du choc pétrolier de 1973. Elle impose pour la première fois des exigences d'isolation aux bâtiments neufs. Les paliers suivants du tableau, en 1978, 1983, 1989, 2001 et 2006, correspondent aux révisions successives de cette réglementation, chacune se traduisant par un nouveau palier dans les données.

Un point mérite d'être relevé : le bâti d'avant 1948 fait moins bien que celui de 1948-1974, alors qu'il est réputé mieux construit. L'explication tient à la masse et à la nature des matériaux. Les murs anciens en pierre ou en pan de bois offrent une inertie utile en été mais une résistance thermique faible, sans lame d'air ni isolant rapporté. Le bâti de la reconstruction, en béton, n'est pas mieux isolé mais présente des surfaces vitrées et des volumes plus maîtrisés.

Ce que la donnée ne dit pas

La période de construction décrit l'état d'origine, pas l'état actuel. Un logement de 1930 dont les combles ont été isolés, les menuiseries remplacées et la chaudière changée peut atteindre la classe C. À l'inverse, un logement de 1990 mal entretenu peut se retrouver en E.

La statistique reste donc une probabilité, pas un diagnostic. Elle indique où porter l'attention, elle ne remplace pas le rapport établi par un diagnostiqueur certifié selon la méthode 3CL-DPE.

Comment l'utiliser avant un achat

Pour un bien antérieur à 1975, la question n'est pas de savoir si des travaux seront nécessaires, mais lesquels et à quel coût. Trois points déterminent l'essentiel du résultat : l'état des combles ou de la toiture, la nature des menuiseries, et la présence ou non d'un isolant sur les murs. Ces trois informations figurent dans le rapport de diagnostic et suffisent à estimer l'ampleur du chantier.

Pour un bien postérieur à 2006, le sujet énergétique se déplace vers le confort d'été et vers le système de chauffage, l'enveloppe étant rarement en cause.

Méthode. Chiffres recalculés le 4 août 2026 sur les diagnostics agrégés quotidiennement depuis la base ADEME Observatoire DPE-Audit, restreints aux diagnostics renseignant à la fois une étiquette et une période de construction. Le découpage des périodes est celui de la base source.

Questions fréquentes

Comment connaître la période de construction d'un logement ?

Elle figure sur le rapport de DPE, qui la renseigne systématiquement. Elle apparaît également sur les avis de taxe foncière et dans les actes notariés. En cas de doute, le service du cadastre indique la date de la première construction déclarée sur la parcelle.

Une maison ancienne peut-elle atteindre une bonne classe après rénovation ?

Oui. La période de construction décrit l'état d'origine, pas l'état actuel. Les données montrent que 22,5 % des logements antérieurs à 1948 sont déjà classés A, B ou C, ce qui correspond pour l'essentiel à du bâti rénové.

Pourquoi 1974 marque-t-il une rupture dans les données ?

Parce que la première réglementation thermique française entre en vigueur cette année-là, à la suite du choc pétrolier de 1973, et impose des exigences d'isolation aux constructions neuves. La part de logements classés F ou G passe de 12,0 % pour la période 1948-1974 à 5,2 % pour la période 1975-1977.

Pour aller plus loin

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Sources

Chiffres France DPE : base ADEME Observatoire DPE-Audit et DVF, Licence Etalab 2.0, recalculés quotidiennement.